« D’aller au lard »

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Tradition carnavalesque à Beignée

Un peu d’histoire locale : témoignage des anciens sur le début du siècle passé.

Mascarades publiques et bals masqués sont une tradition très ancienne à Beignée ;

cette coutume s’appelait « D’aller au lard ».

Le cortège était réservé aux jeunes gens ; il excluait les jeunes filles et les couples mariés.

Il se déroulait rituellement comme suit :

Le lundi gras, dès huit heures, les jeunes collectaient dans les quartiers du haut de la place. A midi, ils préparaient des omelettes au lard avec les victuailles récoltées le matin ; ce repas était pris au local de la jeunesse. L’après-midi était consacré à la collecte de vivres dans les quartiers du bas de la place, jusqu’à la Ganterie et la Praie.

Le soir, la fanfare locale animait le bal masqué ouvert à toutes et à tous.

Le mardi gras, après avoir consommé les victuailles du lundi après-midi, les jeunes descendaient déambuler à Ham-sur-Heure centre.

Mais le mardi gras était surtout le jour des enfants qui allaient à Djan Pansau.

Les enfants allaient de maison en maison et chantaient leur ritournelle pour recevoir quelques friandises : 

Djan Pansau n’a nin co soupè

Donè lyi in p’ti boukè

Taillè bin ou taillè mau

In p’ti boukè pou Djan Pansau

Le cortège de mascarades était encadré par quelques figures marquantes : le courrier, les officiers, les porchers, les porteurs. Toutes ces places étaient attribuées aux enchères.

La mise aux enchères avait lieu 15 jours avant le cortège au salon de la jeunesse, « Chez le Tit », qui se situait en haut de la place de Beignée.

En 1911, Rodolphe Lecomte (86 ans et dernier « courrier » en vie en 1974) a « passé sa place » pour 78 pots de bière (de 2 litres) à 40 centimes, soit un coût d’environ 165 EUR.

Les places d’officier, de porcher, de porteur passaient moins chères aux enchères.

Le déguisement de courrier se louait chez Odile Ranwez, modiste : pantalon blanc, chemise blanche, cravate blanche, robe rouge recouverte d’une robe en rideau, ceinture mauve, ruban tricolore en bandoulière, bonnet à ruban tricolore.

Le courrier était grimé mais pas masqué afin d’établir plus facilement le contact avec la population visitée.

Son rôle était de frapper aux portes pour annoncer le cortège ; en oublier une était une faute impardonnable qui l’exposait à maints reproches … de la part de l’oublié.

Les portes étaient larges ouvertes, soit pour offrir un verre à la jeunesse, soit pour lui offrir quelques victuailles ou de l’argent.

Selon la nature du don, c’était le porteur de hotte, de panier ou l’officier « portefeuille » qui devait se présenter.

Les porteurs étaient vêtus du traditionnel sarrau. La hotte transportait le lard et le jambon, et le panier transportait les œufs. Les porteurs n’étaient pas masqués.

Les officiers en costume d’apparat surveillaient les porteurs afin que rien ne disparaisse.

Ce sont les officiers ainsi que le courrier qui recevaient les dons en espèces.

Les « porchers » fermaient le cortège ; ils étaient tout de blanc vêtus.

Avec leurs cravaches, ils veillaient à faire avancer les mascarades retardataires, mais celles-ci se défendaient vigoureusement à l’aide de leurs bâtons.

Le tambour-major guidait son seul tambour qui imposait un rythme au cortège.

Un peu d’histoire locale : le « Hublot » fait revivre une coutume ancienne

Le rite paraissait inébranlable tant les jeunes faisaient le carnaval avec passion.

Et pourtant, de 1912 à 1974, 63 années se sont écoulées sans que le son du tambour n’égaye les jours gras à Beignée.

Cette tradition bien ancrée s’est éteinte pour deux raisons.

Le jour du divertissement, le lundi, devint un handicap pour les travailleurs en usine de plus en plus nombreux, et certains participants s’attirèrent la réticence de leurs meilleurs sympathisants à cause de leurs excès : vol de jambon et de lard qui pendaient dans la plupart des maisons à l’époque.

En 1975, le Hublot Club des jeunes de Beignée a fait revivre cette coutume ancienne.

Souvenir pour une minorité de personnes âgées, divertissement nouveau pour la plupart des jeunes, le cortège fut fort apprécié par la population locale enthousiaste et généreuse.

Le cortège de mascarades, organisé le samedi gras, fut l’occasion d’animer les rues du  village : jeunes et moins jeunes des deux sexes, évolution oblige, et de nombreux enfants déambulèrent déguisés au son d’une batterie de tambour de marche.

En 1976, quelques groupes à thème furent organisés au sein du Hublot.

Les gendarmes, portant l’ancien costume déclassé,  ouvraient le cortège et assuraient la sécurité du groupe.

Les notables, habillés de redingotes, portant le haut de forme ou le chapeau boule ainsi que le masque de personnages célèbres escortaient le porte-drapeau du « Hublot ».

Le porte-drapeau portait symboliquement le masque de Janus, blanc à deux visages.

Comme Janus, le Hublot voulait montrer son respect du passé et sa confiance en l’avenir.

Le courrier vêtu d’un habit de facteur était l’ambassadeur du groupe ; non masqué, il sonnait aux portes et il « dirigeait » le groupe de fantômes.

Les fantômes, habillés de drap blanc, étaient les porteurs chargés de récolter les victuailles (farine, lait, œufs, beurre, sucre) nécessaires pour préparer des centaines de crêpes à offrir au début de la soirée dansante. Ils étaient  les intermédiaires avec la voiture de ramassage.

Le groupe de paysans et paysannes wallonnes exécutaient sur le parcours des danses fort à l’honneur par le passé, dont le fameux quadrille des lanciers. Le Hublot avait confectionné tous les costumes nécessaires.

Tambours, cuivres, bois et percussions de la fanfare locale donnaient le rythme au cortège.

Les marins du Hublot espéraient une pêche miraculeuse. Les jeunes, déguisés en marins, avaient transformé une voiture en bateau qui servait au transport des victuailles.

Ensuite venait un groupe de mascarades hétérogènes.

Les gendarmes, armés de matraques en étoffe et vessie de porc, fermaient le cortège, surveillaient les enfants et assuraient la sécurité du groupe en général.

Au début de la soirée dansante, un millier de crêpes, préparées par les mamans des jeunes du « Hublot », furent offertes aux participants. Depuis 1975, des bénévoles perpétuent ces fondements historiques de notre carnaval local : récolter des victuailles pour préparer une collation collective.

En 1977, deux gilles prirent place dans le cortège.

C’était le début d’une nouvelle aventure florissante : oranges et batterie de gilles allaient participer au cortège. Le ramassage des victuailles allait s’organiser pendant les soumonces.

Un peu d’histoire locale : évolution récente

Au fil du temps, le groupe de gilles devint de plus en plus important.

Depuis 2005, les gilles progressant plus lentement que les mascarades, les parcours sont différents au départ, mais les deux groupes se rejoignent à la rue Saint Pierre pour terminer le circuit ensemble jusqu’à la place du village.

La fanfare locale et le groupe de danses folkloriques du Hublot animent le cortège de mascarades ; les danseurs distribuent des bonbons et des gadgets publicitaires tout au long du parcours. Du vin chaud et du chocolat chaud sont offerts lors d’un petit arrêt à mi parcours.

A Beignée, des vivres (farine, lait, oeufs, beurre, sucre) sont récoltées auprès des habitants dans les semaines qui précèdent le carnaval.

Le jour du carnaval, des bénévoles préparent un millier de crêpes qui sont offertes à la salle Elysée (place de Beignée) dès le retour du cortège vers 18h30.

Un tout grand merci tant pour le bon accueil reçu lors du ramassage des vivres que pour le dévouement de nos cuisinières qui perpétuent une tradition locale : offrir une collation aux participants.

La journée se termine par un feu d’artifice et une soirée dansante.

Le samedi gras à Beignée est donc l’occasion de vivre un tourbillon merveilleux et magique loin du quotidien. On ne vient pas voir passer le cortège, on y participe pour être acteur d’un jour et partager la passion du carnaval. Chacun est le bienvenu à la fête, gratuitement.

Ce divertissement bon enfant favorise l’imagination, la créativité, la fantaisie ;  il n’y a aucun thème imposé, aucune structure rigide ; l’encadrement a pour seul but d’assurer la sécurité du cortège.

Le mystère rose de Beignée : les Roses d’hier et d’aujourd’hui

Si de nos jours, les balles pelote sont en matière synthétique, Ham-sur-Heure fut le berceau de la fabrication des balles en peau.

A Ham-sur-Heure les établissements Dupont organisaient la fabrication et la vente des balles à jouer.

Ils fournissaient la matière première principalement à des femmes du village qui travaillaient à domicile à leurs moments perdus.

Elles confectionnaient des « boulots » à la main avec de la toile de jute, des déchets de peaux et du sable (de la limaille de fer pour les balles au tamis), puis elles les passaient au moule.

Ensuite elles recouvraient chaque boulot de deux languettes de peau appelées « patrons » ; ces enveloppes étaient cousues à la main.

La balle était finalement passée à la presse.

Pour le carnaval de Beignée 2013, le Hublot a demandé à « Couleur Chocolat » de réaliser une praline dont la forme, la couleur et la texture feraient penser à une balle en peau, évoquant un artisanat qui fut très présent dans la localité.

La couleur rose de l’emballage a été choisie pour sortir de l’oubli l’équipe locale et le riche passé ballant du village.

Grâce à quatre sympathisants, Laurent Dupont, Nouvel Hair, Emile Dion et Au Petit Gourmet, la praline a pu être distribuée lors du cortège du 9 février 2013.

La commune d’Ham-sur-Heure a compté deux équipes de jeu de balle : la Reine blanche au Bourg et les Roses à Beignée. Nous avons retrouvé le nom de quelques joueurs de balle au tamis et de balle pelote dont les descendants sont encore très proches de l’entité : Marc Bernard, Simon Demoulin, AlbertThibaut, Robert Herbecq, Julien et Louis Demarthe, Gilbert Goormachtighe, Emile Lebrun, Jacques Sottiaux, Camille Monaux, André Paulus, Jean Masson, Léon Baret, Joseph Goffin, Jean-Marie Piraux, Guy Sauvegarde, Guy Mairy, Evans Lejeune, Marcel Quinet.

La dernière équipe de jeunes était composée en 1956 de Marcel Vermeulen, André Baudouin, Aimable Dielsburg, René Herbecq et Romain Schepens.

Les derbys étaient acharnés : Verner Haye pur Bourquî, et Freddy Lejeune, pur Beignti (aujourd’hui disparus) étaient fortement engagés. 

Les supporters des Roses avaient un chant d’encouragement.

Grâce à l’effort de mémoire de Suzanne et de Louis Demarthe, nous avons pu retrouver la mélodie et les paroles que voici : 

« Allez les Roses

Allez les Roses

Allez courage les amis, les Roses n’ont jamais fini

Allez les Roses, allez les Roses

Et quand les Roses sont lancés on ne peut plus les arrêter

Allez, allez, allez,   allez les Ro-o-zes »

Pour le carnaval du 9 février 2013, le Hublot a reconstitué des petites équipes de Roses et de Blancs qui se sont affrontées symboliquement sous l’encouragement de leurs supporters respectifs.

Conseils pour un carnaval convivial

Le public ne rejettera pas les oranges lancées par les gilles ni les gadgets lancés par le groupe de danses folkloriques

Le public ne prendra pas d’orange dans le panier du gille ni de gadgets et bonbons dans les contenants du groupe de danses folkloriques sans accord préalable

Le public ne salira pas les costumes des gilles, des danseurs, de Miss et Mister à l’aide de bombes de couleur

Le public n’encouragera pas le tir groupé d’oranges en faisant des grands signes à la fenêtre ou à la porte largement ouvertes ; conseil aux riverains du cortège : laisser portes et fenêtres fermées au passage des gilles

Le gille donnera les oranges, il ne les jettera pas. L’orange est une offrande faite par le gille comme l’était à l’origine l’offrande du pain et des fruits régionaux

Les groupes du cortège et le public doivent se respecter mutuellement, respecter le service de sécurité et d’encadrement mis en place, le patrimoine public et privé (écoles, salles mises à la disposition du carnaval, maisons, luminaires), les musiques.

L'association a pour but d'organiser des activités culturelles, sportives, sociales et autres.

Pour participer à nos activités, prendre contact avec le secrétaire du Hublot (071/216357) ou avec l'animateur en charge de l'activité.

Cotisation annuelle de 5 EUR.